En environnement salin et humide, les risques structurels des panneaux photovoltaïques se manifestent avec retard : l’évaluation de l’adaptation structurelle lors du choix du matériel est plus déterminante que la maintenance. La norme IEC 61701 constitue une référence de base, tandis que les modules double verre offrent généralement un comportement à long terme plus contrôlable dans ces conditions.
Sommaire
- Pourquoi le sel et l’humidité élevée représentent-ils un risque durable pour les panneaux photovoltaïques ?
- Le risque provient-il de la protection du système ou de la structure du module ?
- Réussir le test IEC 61701 signifie-t-il être adapté au littoral ?
- Différences structurelles essentielles des panneaux photovoltaïques en environnement salin et humide
- Existe-t-il un « meilleur panneau photovoltaïque » dans ces conditions ?
Pourquoi le sel et l’humidité élevée représentent-ils un risque durable pour les panneaux photovoltaïques ?
Le brouillard salin et une humidité persistante augmentent progressivement le risque de défaillance d’un panneau photovoltaïque sur le moyen et long terme, sans que ces effets apparaissent nécessairement au début d’un projet.
Dans les zones côtières ou durablement humides, le sel et la vapeur d’eau constituent un contexte environnemental permanent, qui accroît peu à peu la probabilité de défaillances liées à l’isolation, à la corrosion et à la stabilité structurelle des panneaux solaires photovoltaïques.
En automne et en hiver, l’humidité relative reste souvent élevée. Dans certaines régions côtières d’Europe, par exemple dans le nord de l’Allemagne, elle peut atteindre environ 85 %–90 % en moyenne. L’humidité et le sel persistent alors sur de longues périodes et interagissent de façon répétée avec les panneaux photovoltaïques pendant leur fonctionnement.

Illustration : projet photovoltaïque en toiture dans un environnement côtier humide et salin, composé de 67 modules double verre pour une puissance installée d’environ 36 kWp.
Ces effets sont cumulatifs : de bonnes performances la première année ne signifient pas l’absence de risque. De nombreux problèmes n’apparaissent qu’après plusieurs années d’exploitation des panneaux photovoltaïques.
En raison de ce caractère différé et difficile à vérifier au départ, les environnements salins et très humides font l’objet de protocoles spécifiques de tests et d’évaluation de résistance dans l’industrie.
Le risque provient-il de la protection du système ou de la structure du module ?
Lorsqu’un projet photovoltaïque rencontre des problèmes de fiabilité en environnement salin et humide, l’attention se porte souvent d’abord sur la protection, l’installation ou la maintenance, car ces éléments sont les plus visibles et les plus faciles à ajuster en phase d’exploitation.
Cependant, dans les contextes côtiers ou durablement humides, les effets environnementaux sont fortement cumulatifs et retardés. L’état de fonctionnement initial reflète rarement le risque réel. Quand les anomalies deviennent perceptibles, le système fonctionne souvent depuis des années et la marge de décision se réduit fortement.

Dans ces conditions, le point de départ de la transmission du risque se situe dans la structure même du module. La structure définie lors de la sélection fixe aussi la limite de résistance aux contraintes prolongées d’humidité et de salinité.
Les mesures de protection et les pratiques d’installation peuvent retarder l’apparition des problèmes et en atténuer les conséquences, sans modifier la limite intrinsèque d’adaptation. Elles agissent davantage comme des outils de gestion du risque.
Sous de fortes contraintes environnementales, la maîtrise des performances à long terme d’un système photovoltaïque est en partie déterminée avant même sa mise en service.
Réussir le test de brouillard salin IEC 61701 signifie-t-il être adapté à l’environnement côtier ?
Dans les environnements côtiers ou très humides, le test de brouillard salin IEC 61701 est considéré comme une référence importante pour évaluer la résistance environnementale d’un panneau photovoltaïque et possède une valeur indicative lors du choix du matériel. Toutefois, réussir ce test ne signifie pas qu’un module soit durablement adapté à tous les environnements côtiers ou humides.

Illustration : comparaison entre le périmètre du test IEC 61701 et l’échelle temporelle des risques d’exploitation à long terme en environnement côtier et humide.
Que mesure réellement la norme IEC 61701
Dans les projets réels, la norme IEC 61701 sert généralement à vérifier si un panneau photovoltaïque présente des défaillances manifestes en environnement salin ; elle fonctionne comme un premier filtre technique.
Du point de vue de la conception normative, la IEC 61701 évalue la résistance de base du module sous l’action du sel, notamment l’apparition éventuelle de :
- phénomènes de corrosion visibles
- dysfonctionnements
- défaillances rapides
Elle permet ainsi d’écarter des solutions présentant des risques évidents en milieu salin, sans pour autant différencier les écarts subtils liés à l’exploitation à long terme des panneaux solaires photovoltaïques.
Dans les environnements côtiers réels ou durablement humides, les facteurs influençant le fonctionnement sur de longues périodes dépassent largement les conditions reproduites lors des essais.
Réussir le test ne signifie pas être durablement adapté
Une idée répandue consiste à penser que tout module ayant réussi la IEC 61701 est automatiquement adapté au littoral. Cette interprétation néglige la différence d’échelle entre les conditions de test et la réalité d’exploitation.
- Essais normalisés : réalisés en environnement contrôlé, avec une exposition au brouillard salin de quelques dizaines à quelques centaines d’heures, parfois prolongée sur plusieurs semaines, afin d’identifier des réactions rapides et clairement anormales ;
- Environnement réel : les modules fonctionnent sur des périodes supérieures à dix ans, avec une exposition continue au sel, à l’humidité et aux variations thermo-hygrométriques. Les effets sont cumulatifs et souvent retardés.
Dans de nombreux projets photovoltaïques, le seul succès au test IEC 61701 ne suffit pas à conclure à une aptitude durable en environnement côtier. Les résultats doivent être interprétés à la lumière du cycle d’exploitation réel et du contexte environnemental, sans être extrapolés directement.
Risques à long terme non couverts par les tests standards
Certains risques liés à la stabilité à long terme ne sont pas directement détectés par les essais standards, mais peuvent apparaître progressivement après plusieurs années de fonctionnement.
Dans des conditions prolongées, le sel, l’humidité, les cycles thermiques, les différences de potentiel et les charges électriques s’additionnent. Les effets se traduisent souvent par une dégradation de l’isolation, une corrosion locale cumulative ou des évolutions de la stabilité structurelle, difficiles à identifier lors des tests initiaux ou des premières années d’exploitation.
L’expérience du secteur montre que les problèmes liés au brouillard salin et à l’humidité élevée apparaissent rarement la première ou la deuxième année, mais émergent plus fréquemment sur un horizon de 3–8 ans.
Différences structurelles essentielles des panneaux photovoltaïques en environnement salin et humide
En environnement salin et très humide, les différences de structure entre panneaux photovoltaïques sont systématiquement amplifiées et influencent la fiabilité à long terme.
Par l’interaction entre l’encapsulation, l’étanchéité, les zones de bord et les chemins de potentiel électrique, ces écarts se transforment en risques affectant la stabilité opérationnelle.

Limites de stabilité à long terme de l’encapsulation et de l’étanchéité
Dans les environnements salins et humides, les écarts de stabilité à long terme apparaissent d’abord dans les limites assurées par l’encapsulation et l’étanchéité.
Au fil du temps, l’humidité et le sel s’accumulent via des processus d’infiltration continue, de cycles thermo-hygrométriques et de vieillissement des interfaces. La qualité de l’encapsulation et de la fermeture devient ainsi une variable structurelle déterminante pour les performances durables des panneaux photovoltaïques.
Dans ces conditions, les modules à double vitrage contribuent généralement à réduire le risque d’intrusion d’humidité et de dégradation progressive de l’étanchéité, favorisant un fonctionnement stable sur le long terme.
Voies de transmission du risque entre cadre et potentiel électrique
En environnement salin et très humide, la transmission du risque s’amplifie progressivement le long de chemins spécifiques à l’intérieur de la structure d’un panneau photovoltaïque.
En fonctionnement réel, ces chemins résultent de l’interaction de plusieurs facteurs structurels et opérationnels, notamment :
- le cadre du module : en tant que limite structurelle, il favorise l’accumulation et l’action répétée de l’humidité et du sel ;
- la zone d’interface entre le cadre et l’encapsulation : soumise à des contraintes accrues lors des cycles thermo-hygrométriques ;
- la différence de potentiel entre l’intérieur et l’extérieur du module : qui accentue les risques de corrosion localisée en milieu salin et humide ;
- le mode de mise à la terre et la continuité de potentiel : qui influencent la direction et l’étendue de la transmission des contraintes environnementales.
Lorsque l’humidité, le sel et les différences de potentiel se combinent durablement le long de ces voies, ils modifient lentement et de façon cumulative l’état structurel local des panneaux photovoltaïques.
Limites environnementales des paramètres d’efficacité et de puissance
Dans les applications courantes, l’efficacité et la puissance constituent les critères les plus immédiats et les plus utilisés pour la sélection d’un panneau photovoltaïque.
En environnement salin et très humide, la portée de ces paramètres se réduit nettement et ne permet pas de décrire pleinement le comportement à long terme.
L’efficacité et la puissance reflètent des performances initiales ou de court terme en conditions standard. Les problématiques propres aux environnements salins et humides concernent surtout la stabilité structurelle et l’accumulation progressive du risque.
Les écarts de paramètres ne correspondent pas nécessairement à des différences réelles après plusieurs années d’exploitation. Sur des cycles prolongés, la stabilité structurelle, les voies de transmission du risque et les limites d’adaptation environnementale influencent plus directement les performances disponibles, sans apparaître dans les seuls chiffres d’efficacité ou de puissance.
Existe-t-il un « meilleur panneau photovoltaïque » en environnement salin et très humide ?
Dans ces environnements, les performances à long terme dépendent de la capacité structurelle du module à résister à des contraintes continues. L’adaptation structurelle fixe la limite supérieure de prévisibilité d’un projet sur la durée.

Il n’existe pas de “meilleur” panneau au sens universel
En présence de brouillard salin et d’humidité élevée, la notion de « meilleur panneau photovoltaïque » ne peut être définie indépendamment du contexte.
Chaque projet subit des niveaux différents de salinité, d’humidité et de cycles thermo-hygrométriques, ce qui modifie les trajectoires d’exposition au risque. Le terme « meilleur » n’a de sens que lorsque les conditions d’application et l’environnement sont clairement établis.
En milieu salin et humide, c’est l’adaptation structurelle qui prime
Dans ces conditions, les panneaux photovoltaïques sont soumis à des contraintes environnementales continues et cumulatives.
L’aptitude d’un module dépend de sa capacité à résister durablement à la pénétration de l’humidité, à la corrosion saline et aux cycles thermo-hygrométriques répétés. Des structures présentant une meilleure continuité d’étanchéité et des limites structurelles plus stables facilitent le contrôle des risques à long terme.
Par exemple, les modules double verre ou double verre bifaciaux, grâce à la continuité de leur encapsulation et à leur stabilité mécanique, offrent généralement une meilleure maîtrise opérationnelle en environnement humide.
L’enjeu central de l’adaptation structurelle réside dans la réduction de l’incertitude sur la durée d’exploitation.
La phase de sélection fixe la limite du risque à long terme
En environnement salin et très humide, le profil de risque d’un projet photovoltaïque est largement défini dès la phase de choix des modules.
Les mesures de protection et la maintenance ultérieure influencent surtout la vitesse et la forme d’exposition au risque, sans en modifier le mécanisme fondamental. À mesure que les contraintes environnementales s’accumulent sur plusieurs années, les différences entre structures deviennent progressivement visibles.
Ainsi, les décisions prises lors de la sélection concernant la stabilité structurelle et l’adaptation environnementale déterminent directement la maîtrise du risque sur le long terme.
En tant que fournisseur de panneaux photovoltaïques actif depuis longtemps sur des projets de toitures dans des zones côtières et humides en Europe, Maysun Solar accorde une attention particulière à l’adaptation structurelle face à l’action prolongée du sel et de l’humidité. Compte tenu des risques d’affaiblissement de l’étanchéité et des limites structurelles amplifiés dans ces environnements, les modules double verre contribuent à améliorer la maîtrise des performances à long terme.
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